Voilà maintenant 1 mois et demi que je suis à Sienne, et j'ai remarqué que cette petite ville médiévale avait gardé certaines de ses habitudes moyenâgeuses... Comme le fait de balancer ses ordures par la fenêtre, directement dans la rue... sans vérifier s'il y a un passant en dessous ! hum (oui, oui, ça m'est arrivé...). Cela va des petites miettes de pain au sac poubelle rempli ! Ca vire au dangereux parfois... Ou encore, la circulation dans les ruelles : le plus gros fait sa loi, tant pis pour les piétons ! En effet, les ruelles sont très étroites, et on a du mal à s'imaginer une voiture moyenne passer facilement... Mais depuis que j'ai vu les mini-bus passer à toute vitesse, de nuit, frôlant des deux côtés les maisons, sans ralentir quand un pauvre piéton se retrouve sur son chemin, je me suis dit que si, en fait, une voiture moyenne passait à l'aise. A cela s'ajoute quelques gros 4x4 qui eux aussi ralentissent à peine, et les Vespa bien-sûr (mais bon, eux c'est pas pareil, ils peuvent slalomer entre les gens). Ainsi, quand un bus arrive, tout le monde se réfugie où il peut, sur les pas de portes, dans les cours intérieures, ou bien s'applatit sur le mur en fermant les yeux (et en rentrant le ventre).
A la fac j'ai découvert aussi un autre rythme : déjà il y a le 1/4h accadémique - entendez par là la petite demi-heure de libre avant le début réel du cours. Donc déjà, on peut venir en cours à vitesse d'escargot, on sait que de toute faon le prof arrive avec 20 min de retard. Ensuite, il y a la pause - quand il y a 2h de cours - ou alors la fin du cours est avancée 1/4h plus tôt. Donc on a qu'1h 1/2 de cours, voir 1/2h si le cours dure 1h normalement ! A leur décharge, les profs sont obligés de ne pas faire les 2h pleines puisqu'il n'est pas prévu de pause entre les différents cours de toute la journée dans les emplois du temps.Sinon, ici les profs sont beaucoup plus libres qu'en France : ils peuvent décider de ne pas faire cours sans avoir de compte à rendre à personne, et ne ratrappent pas les heures manquées. Ils peuvent aussi finir leur programme 1 semaine en avance, sans être obligés de continuer à faire cours après. Certains profs nous font aussi leur propre pub : ils nous offrent leurs livres, ou nous donnent des invitations pour leurs séminaires... (bon, pas tous non plus).
C'est vraiment différent de chez nous ! Je suis sûre qu'un peu plus de contrôle chez eux annulerait certains abus, mais un peu plus de liberté chez nous serait aussi la bienvenue ! En fin de compte, tout le monde s'y retrouve, les étudiants ont plus de temps pour travailler chez eux, et s'il y a un problème de timing, il est toutjours possible d'arrangiarsela (=se débrouiller) avec le prof.
Par ailleurs, puisqu'on meure de froid dans les salles se cours, on a discuté avec un prof pour savoir pourquoi ils ne mettaient pas le chauffage (tout le monde a les gants, les bonnets, les écharpes, et pour écrire c'est pas le plus pratique). Il nous a fait un rapide état des lieux des finances de l'université... et c'est assez catastrophique ! En fait, ici l'université sert à employer tous les gens qui ne trouvent pas d'emploi, donc il y a un sur-effectif énorme, et beaucoup de gens se tournent les pouces toute la journée parce-qu'ils n'ont rien à faire (par ex. il y a 4 concierges par fac minimum... tous entassés dans un minilocal). Dès lors, l'université est en déficit chronique et réduit ses coûts comme elle le peut : ajournement du paiment des côtisations sociales des enseignants, pas de chauffage, et même... plus de renouvellement de papier toilette !!!!!!!! (On a déjà atteint ce stade aujourd'hui). Alors vraiment, ne nous plaignons pas en France, et encore moins à l'IEP : on a de quoi se chauffer, s'essuyer les mains et le reste toute l'année !!! Quel luxe :D
Pour faire face à ses besoins de financement l'université à dû s'endetter, hypothéquer, vendre tous ses biens immobiliers - du style palazzi renaissance qui n'ont pas de prix !!! - à des Banques qui se sont empressées de lui faire des prêts en dessous de la valeur de ces biens.
Bref, j'ai trouvé ça très intéressant, mais un peu affligeant... Parce-que pour réussir à payer la note l'an dernier le président de l'université à dû aller faire des ronds de jambe à Rome pour obtenir une avance, et ce faisant il a rompu avec le pouvoir politique local qui lui est de gauche et qui pouvait l'aider pour d'autres avances... Donc il n'y a toujours pas de résolution du problème !
A côté de ça, les étudiants ici sont fascinés par les mouvemants étudiants français, et sont souvent fiers de me dire que pendant leur année erasmus en France ils y ont participé ! Ahah, j'attends de voir comment ça va se passer ici (puisque la réforme des enseignants chercheurs est en train d'arriver): grève, manif', blocage, tracts, réunions, rien ?... La suite au prochain épisode...
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